Hier, lors du conseil communautaire, nous avons proposé trois amendements concernant la ligne nouvelle Montpellier Perpignan pour défendre, entre autres, une ligne mixte fret/voyageur entre Béziers et Perpignan. Tous ont été rejetés. Qualifiée de « coup politique », notre démarche était motivée, à l’inverse, par une vision à long terme et la nécessité pour nous absolue de faire émerger un projet plus en phase avec les contraintes de notre territoire. Pour info, aujourd’hui, sur la même délibération, le conseil départemental a, lui aussi, décidé d’exiger la mixité de la ligne. Deux salles, deux ambiances.

La LGV 

Voici en substance notre intervention :

Mes chers collègues, comme vous, nous sommes favorables au développement du train et nous sommes pour signer le protocole d’intention de financement pour la réalisation de la phase 1 de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan. Mais dans cette délibération, il est aussi question d’une réciprocité financière des mêmes partenaires sur la phase 2. Or, cette phase 2, le tronçon entre Béziers et Perpignan, ne doit pas être acceptée en l’état pour au moins 3 raisons : 

D’abord parce qu’elle n’est pas mixte fret/voyageur. Dans le scénario actuel de la phase qui concerne notre territoire et au contraire du reste de la ligne nouvelle, les marchandises devront continuer à passer par la ligne des étangs qui aujourd’hui fonctionne déjà par intermittence lorsque le vent souffle trop. Et ce phénomène va s’accentuer avec le changement climatique et la montée des eaux (pour mémoire +50 cm en 2050). La réalité, c’est qu’en 2040, lorsque les travaux de cette LGV débuteront, le fret ne pourra plus passer sur la ligne ancienne et les marchandises devront être transportées par camion. Ce n’est pas envisageable, surtout si l’on construit une extension de port à Port-la-Nouvelle.

Ensuite, la construction de la ligne telle qu’envisagée actuellement va impacter de façon extrême notre paysage avec un viaduc de 75 m de haut à Bages, et des déblais et remblais de plus de 25 mètres de haut ou de profondeur. Des communes comme Treilles, Fitou, Roquefort ou La Palme seront défigurées. C’est l’image de notre territoire, socle de son attrait touristique, qui va être sérieusement mise à mal. Quant aux milieux et à la biodiversité, ils seront aussi impactés dans des proportions inacceptables avec une mise en danger directe d’espèces rarissimes. D’où l’avis très défavorable des deux PNR de la Narbonnaise et Corbières-Fenouillèdes sur le projet actuel. 

Et tout cela pour quoi ? Pour gagner du temps ? Même de cela nous ne sommes pas sûrs… car la position actuelle de la gare du Narbonnais nous place dans un cul de sac et obligera le TGV à faire demi-tour pour aller de Perpignan à Toulouse. De quoi perdre les minutes de trajet si chèrement acquises.

Mais il y a quand même une bonne nouvelle là-dedans, c’est qu’à ce stade, aujourd’hui, nous, élus de ce conseil communautaire, nous pouvons faire quelque chose. Nous pouvons exiger mieux, un projet de LGV plus adapté aux contraintes de notre territoire et au contexte actuel. Voici pourquoi nous soumettons trois amendements :

  • Amendements 1 – Approuver le protocole d’intention de financement pour la réalisation de la phase 1 de la ligne  nouvelle Montpellier-Perpignan et,  avant  tout positionnement sur la phase 2, demander à ce que le projet de ligne entre Béziers et Perpignan, soit revu pour intégrer le fret ferroviaire sur la totalité du linéaire.
  • Amendements 2 – Approuver le protocole d’intention de financement pour la réalisation de la phase 1 de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan et, avant tout positionnement sur la phase 2, demander à ce que le projet de ligne entre Béziers et Perpignan, soit revu pour réduire les impacts paysagers et environnementaux, en particulier dans les Corbières
  • Amendement 3 – Approuver le protocole d’intention de financement pour la réalisation de la phase 1 de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan et, avant tout positionnement sur la phase 2, demander à ce que le projet de ligne entre Béziers et Perpignan, soit revu pour que le scénario de la gare soit réétudié.

Comme nos amendements ont été refusés, nous avons voté contre.

Le théâtre en EPCC

Une délibération nous a inquiété sur le théâtre+cinéma.

Vous proposez de passer d’une gestion associative à un EPCC. Pourquoi ? Est-il envisagé d’associer d’autres équipements ? Qu’en pense l’association qui jusque-là animait fort bien cette structure ?  Nous avons la chance inouïe d’avec une scène nationale sur notre territoire. Il nous semble vital que ce label ne soit pas mis en péril à cause à court, moyen ou long terme. 

A priori, l’objectif sera de mieux travailler sur le territoire. Il n’y aura pas fusion avec l’Arena. Mais comme l’intérêt de ce changement statutaire ne nous semble pas évident, nous nous sommes abstenus.

Malvési : modification du scot

Avec cette délibération, vous modifiez la carte des modalités de mise en œuvre de la loi littoral pour intégrer logiquement dans une zone industrielle le site d’Orano, mais aussi toutes les terres environnantes, au nord de Narbonne, au sein d’un ovoïde assez large. 

Or, avec la loi littoral, il est possible d’urbaniser dans la prolongation de la zone urbanisée. Se pose la question de ces zones au nord.  Est-ce que de fait, elles deviennent urbanisables ? Nous demandons que ces zones naturelles et agricoles soient exclues de la zone d’urbanisation pour limiter l’artificialisation des terres et le risque industriel.

Réponse : on verra quand on travaillera sur le PLU (plan local d’urbanisme)


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