« S’initier aux fondamentaux de la (mise en) fabrique des transitions » (par Laurent)

La journée à débuté par la présentation des délégations des 15 territoires participants. Ceux-ci étaient de toute taille depuis la commune de Laguiole dans l’Aveyron jusqu’à l’Eurométropole de Strasbourg. Leur point commun est de tous avoir conclu avec l’État un Contrat de Transition Écologique (CTE). C’est donc le cas du Grand Narbonne qui s’est très médiatiquement engagé dans cette voie.

https://institution.legrandnarbonne.com/developpement-durable-transition-ecologique/1891-le-grand-narbonne-en-transition-ecologique.html

Au delà d’un simple label

l’État cherche à faire émerger une démarche de transition en s’appuyant sur des territoires moteurs et c’est dans ce cadre que s’inscrit cette journée animée par La fabrique des Transitions.

https://fabriquedestransitions.net/index_fr.html

La matinée, en plénière, doit permettre de partager un constat et des principes fondamentaux, puis l’après midi sera consacrée à des discussions entre pairs.

Il y aura donc un groupe d’Elus, un groupe d’agents de collectivités, un groupe d’agents de l’État et un dernier pour tous les autres : citoyens, associations, entreprises.

La plupart des délégations sont en effet menées par un élu en responsabilité, accompagné de responsables de ses services et de représentants de l’Etat.

La délégation narbonnaise détonne.

Elle n’est composée que d’associations : Les Robin.e.s, Gée Aude et Ecolocal.

Il semble que l’engagement du Grand Narbonne dans la démarche soit très superficiel.

Tout l’objet de la journée étant de travailler sur l’articulation entre groupes d’acteurs, le bilan s’annonce frustrant.

Le constat que la Fabrique des Transitions propose de partager est, selon leurs propres terme,

que les modes de pensée et les institutions se perpétuent longtemps après que les contextes qui leur ont donné naissance ont disparu, car les uns et les autres disposent d’une puissante inertie, ne serait ce parce qu’ils donnent naissance à des corps sociaux qui ont intérêt à assurer cette perpétuation

Sous cet angle, nous continuons à gérer demain avec des systèmes de pensée d’hier et des institutions d’avant hier. Ce qui nous incite à ne pas nous laisser piéger par la fausse intemporalité de doctrines comme l’efficacité du marché ou le rôle de l’État ou les rapports entre homme et nature.

Si cette assertion va de soi

pour toute personne ayant pris la mesure des changements nécessaires, elle constitue une révolution mentale pour beaucoup de responsables et il faut l’accompagner.

Les territoires sont les acteurs pivots de cette transition, mais ils sont encore loin de jouer ce rôle. Une transformation de la gouvernance s’impose en revisitant la conception étriquée de la « responsabilité » pour passer du partage de compétences aux compétences partagées. En particulier la posture de l’État doit évoluer : de l’État centralisateur à l’Etat facilitateur.

Cependant, quelques territoires ont engagé une véritable stratégie de conduite du changement sur plusieurs décennies.

Narbonne