4h30 de conseil. La prochaine fois, je planquerai dans mon sac un sandwich ! L’ordre du jour était dense mais voici ce que nous avons relevé ou mis sur le devant de la scène.

Orano Malvési

D’abord, Orano-Malvési. La thématique peut surprendre par ces temps de confinement mais il était nécessaire de relancer publiquement le sujet. Car suite aux mesures effectuées par des journalistes de « Vert de rage » et une sortie en presse, nous avions obtenu une réunion pour discuter avec le maire et certains adjoints des craintes entourant Orano-Malvési. L’arrivée du confinement a déclenché quasi immédiatement l’annulation de cette rencontre, sans perspective affichée de reprogrammation. Voici donc mon intervention :

« En octobre dernier, des journalistes de « Vert de Rage », une série documentaire diffusée sur France 5, ont rendu publiques des mesures effectuées autour du site d’Orano-Malvési, une usine classée à la fois Seveso seuil haut et installation nucléaire de base. Leur étude n’a porté que sur un élément radioactif, l’uranium, mais elle a permis de pointer une pollution de l’environnement, y compris dans une zone habitée. Cette contamination est aérienne, ce qui est une mauvaise nouvelle, car l’uranium est extrêmement nocif lorsqu’il est inhalé. L’enquête relève en outre une contamination de la nappe phréatique.  

En 2015, je signais pour la revue XXI l’une des premières enquêtes journalistiques sur Orano-Malvési. Ce faisant, j’ai pu pointer la désinformation systématique réalisée par l’industriel. Depuis, il y a eu des progrès mais force est de constater que l’opacité et la désinformation sont toujours la règle, dans la presse mais aussi dans les rues avec une campagne de communication scandaleuse puisqu’elle cherche à banaliser l’activité de l’usine. C’est inacceptable.

Le rôle des élus n’est pas de croire dans un discours, quel qu’il soit. Nous devons avoir une exigence ferme de vérité, sans quoi nos décisions relèveront toujours d’un pari. Or, notre environnement, notre santé et a fortiori notre sécurité ne peuvent reposer sur de simples paris. Alors quoi faire ?

Il existe plusieurs solutions, la première étant d’imposer la transparence et un dialogue constructif entre les différents partis. Oui, il faut que la Criirad puisse entrer à Malvési pour faire des mesures et des observations indépendantes. Oui, il faut que les employés d’Orano puissent montrer leurs études et en débattre. C’est ainsi que fonctionne la science et la pensée critique, avec le dialogue et l’examen minutieux des arguments de chacun.

Et c’est cette voie qui, à plusieurs reprises, a permis à d’autres communes, à d’autres élus, de trouver des solutions concrètes à des problématiques similaires. Ce n’est pas une question d’argent mais de posture. Nous demandons donc à ce qu’une réunion d’urgence soit tenue.

Pour la crise de la covid, vous vous présentez comme un maire plus protecteur que l’état en fermant les parcs ou les gymnases. Vous vous devez de réagir avec autant de fermeté sur le cas des pollutions industrielles dont celles de Malvési.

Par ailleurs, les Robin.e.s tiennent à marquer leur soutien aux grévistes d’Orano-Malvési qui, par leur action, dénoncent notamment le recours de plus en plus systématique à la sous-traitance. Une sous-traitance qui, de notre point de vue, pose des questions en termes de suivi et de sécurité pour le site, pour les sous-traitants, mais aussi pour les Narbonnais. »

Absence de concertation sur la crise Covid

Ensuite, nous avons réagi aux décisions et arrêtés pris par M. Mouly sans la moindre concertation (Parc, gymnases, etc) alors que notre point de vue, la situation exceptionnelle que nous vivons demanderait à mettre tout le monde autour de la table :

« Vous avez pris un arrêté de réouverture des commerces pour lequel la ville va devoir se défendre. C’est votre choix et c’est surtout l’une des nombreuses décisions que vous avez prises sans la moindre consultation de l’opposition pour gérer l’actuelle crise liée à l’épidémie de la Covid.

A l’heure où la défiance de la population envers les politiques va grandissante, il est temps de faire preuve d’ouverture et de permettre à tous les élus, mais aussi aux Narbonnais, de participer en amont à l’élaboration des décisions politiques. L’idée est bien de profiter de toutes les énergies, de tous les regards, pour sortir des crises actuelles et futures.

Pour ne donner qu’un exemple, vous avez dans votre majorité une spécialiste du Cers. Or, les monnaies locales sont particulièrement utiles en temps de crise pour favoriser les circuits courts et donc l’économie locale. Pourquoi ne pas utiliser cet atout et imaginer une solution dans cette direction ? »

Rapport Développement durable

Yann a ensuite demandé s’il était prévu de recommander des masques pour les plus démunis (la réponse est non) et a fait ce commentaire du premier rapport « développement durable » proposé par la ville :

« Depuis 28 ans (sommet de Rio) on parle de développement durable. Ce terme est maintenant obsolète car dévoyé par les tenants du verdissement de façade et les partisans du greenwashing.

Nous n’avons plus le temps, il faut dès maintenant passer de l’idée de développement à une véritable transition écologique.

Le premier point abordé est symptomatique : la révision du PLU. Vous parlez évaluation de l’Environnement et mesures compensatoires, là ou il faudrait édicter un objectif de zéro perte nette de surfaces agricoles et naturelles.

Ce document est un inventaire à la Prévert qui liste l’ensemble des actions réalisées par la ville mais surtout, des acteurs du territoire, comme le PNR ou les associations.

Il ne donne ni une indication sur les niveaux de réalisation, ni une estimation des objectifs. 

Vous omettez facilement les surfaces de terre agricoles et naturelles artificialisées, les arbres centenaires abattus (esplanade, arena, …), et vous faites passer la création de places de parking pour une action de développement durable. Pire, vous vous félicitez du marquage « cosmétique » de pistes cyclables dangereuses (avenue de Bordeaux ou rue de la Parerie) ou cul-de-sac (Avenue Karl Marx) notamment.

Il est temps d’accélérer le pas et non de se féliciter d’opérations hasardeuses menées au fil de l’eau sans réflexion urbaine globale.

Les narbonnais attendent des réponses précises notamment :

– sur la restauration de leur enfant en Bio et local cuisiné sur la narbonnaise et non des repas livrés en barquettes plastique

– sur un projet d’aménagement urbain qui conjugue les modes de transport et mette l’accent sur les déplacements doux et la création de voies cyclables sécurisées

– sur la sobriété lumineuse nocturne.

Les Narbonnais s’inquiètent sur leur santé. Les études récentes sur les niveaux de pollution de l’eau, de l’air et du sol notamment par des pesticides, des particules fines ou des substances industrielles ne sont pas abordés.

Les Narbonnais enfin s’inquiètent sur leur avenir et sur les aléas climatiques qui, en région méditerranéenne, seront intenses. Ce rapport n’y répond pas.

Parce qu’il n’est plus temps d’attendre, nous demandons des actions et objectifs réels, concrets, ambitieux, évaluables pour enfin penser Transition écologique. »

Chambre régionale des comptes

Les débats sont ensuite allés sur le rapport de la chambre régionale des comptes qui, soyons clairs, égratigne sérieusement la gestion de la ville lors de la précédente mandature. Voici un extrait : « Dans un contexte sociodémographique dégradé sur le territoire, le financement d’un projet relevant davantage d’un niveau communautaire que communal pour 23,5 millions d’euros HT (la salle multimodale donc) réalisé sans étude sur les retombées économiques a conduit la commune à retarder le déclenchement d’autres projets essentiels pour son attractivité (à Narbonne-Plage, à La Nautique ou en cœur de ville), reportant ainsi des charges sur l’avenir. (…) Sur la période 2015-2020, le poids de la salle multimodale a représenté à elle seule 45% des dépenses totales d’équipement. » On ne peut plus clair.

L’interprétation de la majorité a été hallucinante. Si je résume : « la chambre régionale des comptes n’a passé qu’une heure et demie à Narbonne et leur interprétation est discutable, voire politique ». J’ai parlé après le RN et le PS, pour constater que, pour une fois, nous avions la même analyse de la situation. C’est dire si les conclusions du rapport sont sans appel.

Enfin, il y a eu le débat d’orientations budgétaires qui, en l’état, ne propose rien de très clair. « Il s’agirait d’appliquer le programme choisi par les Narbonnais en séance, » a expliqué M. Malquier en séance. De notre point de vue, leur prévision de voir augmenter les  recettes de fonctionnement en 2021 pour atteindre 75,6 millions d’euros nous semble hasardeuse à l’aune des incertitudes liées à la crise Covid.


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