Vendredi 16 octobre à 9h30 – Dans le vaste bestiaire des réunions auxquelles nous sommes invité.es, il y a les « Copil », les comités de pilotage qui permettent aux élus et aux différentes instances territoriales de faire le point sur un projet en particulier. Mon premier copil, donc, a porté sur « l’étude des structures littorales jouant un rôle vis à vis des aléas littoraux ». Vous savez, la fameuse « première étude sur la submersion marine à 800 000 euros » évoquée lors de la formation du SMDA.

A cause du Covid, la réunion a lieu dans un coin de gymnase à Sigean : il caille. Et toujours à cause du Covid, l’étude en question, lancée en février, a dû s’adapter. La perception du risque a été appréhendée par Nicolas Proust (BRL ingénierie) au travers de 32 interviews d’élus et de techniciens effectuées par visioconférence. Une approche « so 2020″ qui a montré ceci : pour les « locaux » interviewés, la menace vient davantage des crues de l’Aude que de la Méditerranée et de la submersion marine ; les enjeux perçus ne concerneraient que quelques campings de bord de mer et des voies de circulation.

Ensuite, Mathieu Gervais, de l’entente interdépartementale de démoustication (EID),  a présenté une analyse plus factuelle de l’érosion du littoral. D’abord la dynamique générale depuis l’antiquité avec le changement de cours de l’Aude au XVIIIe siècle, le comblement des lagunes et la mise en place du cordon dunaire, première protection contre le vent et les tempêtes. Ensuite, une analyse de photos aériennes et satellitaires qui a permis de suivre l’évolution des surfaces de plage depuis 1895. Et c’est là que les choses se gâtent.

Car si notre littoral a longtemps reçu de grandes quantités de sable, ce n’est plus le cas aujourd’hui. A partir de 1977 – suite à la Mission Racine qui a urbanisé notre côte -, quatre points d’érosion ont émergé à Leucate, à la plage des chalets, aux cabanes de Fleury et à Valras. Pendant longtemps, cet impact est resté géographiquement limité et le sable continuait à s’accumuler ailleurs, en particulier à Port La Nouvelle.

Mais depuis 2009, les choses se sont dégradées : la totalité du littoral, y compris les plages de Port la Nouvelle, est désormais entrée dans une phase de forte érosion. Les chiffres sont sidérants : à la Vieille Nouvelle, on parle  d’un recul du trait de côte de 4 à 8 mètres par an. Les raisons de cette érosion massive sont encore floues mais il est évident que les digues et l’urbanisation n’aident pas. Pour appréhender la problématique, un agent de Leucate propose de contacter l’Observatoire de la côte sableuse catalane qui suit depuis déjà plusieurs années ce phénomène dans les PO.

Pour aller plus loin, un inventaire des « ouvrages » de notre littoral est en cours. Et si je mets « ouvrage » entre guillemets, c’est que par ce terme, BRL ingénierie englobe les structures ouvragées (comme les digues et les enrochements) et les milieux naturels (comme les cordons dunaires) ce qui fait réagir une représentante du PNR. A raison. Des études menées sur la côte Atlantique ont d’ores et déjà pointé le rôle prépondérant des milieux naturels pour prévenir les risques de submersion. Ne pas les nommer clairement, ne pas les différencier au début de l’étude, ce serait prendre le risque de ne pas remarquer les services qu’ils rendent contre l’érosion ou la submersion.

Des élus ont en outre pointé les grandes absentes de l’analyse actuelle, les lagunes dont le niveau suit pourtant celui de la mer et qui, pour plusieurs participants, mériteraient d’être aussi suivies. Je n’ai pas eu l’impression que cette remarque ait été vraiment entendue.

En fin de réunion, on a enfin eu la présentation un brin lunaire d’une graphiste qui a exposé ses choix de couleurs et de police pour une plaquette qui rendra compte au grand public de l’action. L’objectif est louable mais pas sûre que le moyen soit bon.


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