Mardi 6 octobre : journée de formation organisée par le Syndicat mixte du delta de l’Aude (SMDA) à la salle du jeu de paume à Cuxac. L’occasion de découvrir qu’avant de dominer l’hydrologie locale, il faut dompter un imbroglio d’acronymes parfois redondants. Inutile que je vous noie à mon tour avec ça.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en 1999, les inondations meurtrières ont mis en lumière d’importantes brèches dans la gestion territoriale des crues. De là une prise de conscience qui a abouti quelques années plus tard à la création de structures complémentaires : d’un côté le SMMAR qui coordonne les actions sur tout le bassin versant de l’Aude et de la Berre, et s’occupe d’aller chercher l’argent notamment au niveau européen ; de l’autre le SMDA qui localement met en œuvre les actions et dépense l’argent pour la gestion des milieux aquatiques (GEMA) et la prévention des inondations (PI).

Ces deux finalités, GEMA et PI, sont à l’origine d’un impôt dont le nom sonne un peu comme un alcool alpin : la taxe GEMAPI, actuellement 13 euros par an et par habitant. Il s’agit là d’un revenu rondelet mais qui ne saurait financer à lui seul les coûts pharaoniques des travaux pilotés par le SMDA : 80% de l’argent nécessaire provient en fait de subventions extérieures.

Sans rentrer dans le détail des interventions et des visites, il y a quelques idées fortes à retenir :

  • Entre le diagnostic et la construction des ouvrages, plus de dix ans peuvent s’écouler tant ces projets sont complexes, coûteux et fastidieux à monter.
  • Chaque aménagement doit améliorer la protection sans accentuer des problématiques d’inondations en amont et en aval. Un vrai casse-tête qui explique par exemple que l’imposant chenal de Coursan n’ait jamais été complètement ouvert.
  • La décision de construire se prend à l’aune d’une balance coût bénéfice /risque qui tente de comparer le coût de l’aménagement, celui des dégâts à moyen et long terme et/ou celui d’un abandon des parcelles.

Deux programmes à retenir :

  • Une étude a démarré en février autour de la question de la submersion marine. Objectif ? Récolter des données sur la montée du niveau de la mer et documenter le rôle tampon des milieux aquatiques (pour 800 000 euros).
  • Le SMMAR a lancé 87 actions visant à diminuer le déficit en eau observé sur le bassin versant. Il manquerait en effet 37 millions de m3 d’eau (tout de même). Ces actions auront lieu à plusieurs échelles (agriculture,  recherche de fuite d’eau etc). 

Des discussions sont en outre ouverte sur l’aménagement du Rec de Veyret (à l’amont de Narbonne) dont les crues touchent le quartier de Maraussan. Un barrage excréteur de crue poserait un problème (paysagé) à la nouvelle équipe municipale de Montredon. A suivre. 

Lors des visites de terrain, on me montre des repères de crue sur une école. « C’est important de garder la mémoire collective de ces crues, » explique un technicien. Mais ce n’est pas du goût de tout le monde, souffle-t-il un peu plus tard : « Ces repères sont régulièrement dégradés ou retirés, sans doute par des propriétaires qui cherchent de vendre leur maison. »


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